Vous vendez un produit physique qui consomme de l'énergie ? Alors ce poste est probablement le plus gros de votre bilan carbone.
Voici pourquoi il doit y figurer, et ce que vous pouvez en faire.
Vendre un produit qui consomme de l'énergie pendant sa vie, c'est générer des émissions bien au-delà de la fabrication. Ce poste figure dans le scope 3, catégorie 11 : « utilisation des produits vendus ».
Un constructeur automobile vend 100 000 voitures dans l'année. Ses usines émettent, disons, quelques centaines de milliers de tonnes de CO₂e. Mais les 100 000 véhicules vont rouler pendant 15 ans et consommer du carburant ou de l'électricité tout ce temps. Au total, les émissions d'usage pèsent plusieurs fois celles de la production.
Autres cas où ce poste domine :
➡️ À retenir : ne pas compter ce poste, c'est ignorer la majorité de son impact.
Un bilan carbone pose une question simple : si votre entreprise disparaissait, ces émissions existeraient-elles ?
Pour l'usage de vos produits, la réponse est non. Sans votre produit, pas d'usage, pas d'émissions. Vous avez mis le produit sur le marché : vous en portez la responsabilité tout au long de sa vie.
Deux constructeurs vendent la même voiture, au même prix. L'un a une motorisation qui consomme 5 L/100 km, l'autre 7 L/100 km. Leurs usines émettent pareil, leurs bureaux aussi.
Pourtant, la deuxième voiture fera émettre ~40 % de CO₂ en plus pendant toute sa vie. Si les émissions d'usage ne sont pas comptées chez le fabricant, cette différence est invisible. Elles doivent donc être comptées là où la décision est prise : chez le vendeur.
➡️ Se limiter aux scopes 1 et 2, c'est ne voir que la pointe de l'iceberg.
Un gros poste d'émissions, c'est un gros levier d'écoconception.
Le calcul rend les choix visibles :
Un fabricant de lave-linge vend 500 000 machines par an. Chaque machine fonctionne 10 à 15 ans, environ 200 cycles par an. Réduire la consommation de 20 %, c'est :
À comparer avec les gains possibles sur l'usine : même une amélioration de 30 % de l'efficacité de production pèse des dizaines de fois moins, parce que la fabrication ne dure que quelques heures quand l'usage dure dix ans.
➡️ Le principe : plus l'usage est long et énergivore, plus la conception pèse lourd. C'est à l'étape de conception que tout se joue.
Une entreprise qui vise un objectif SBTi sans compter l'usage de ses produits verra sa cible invalidée ou son périmètre refusé : impossible d'atteindre 67 % de couverture du scope 3 en laissant de côté son premier poste. Même logique en reporting CSRD : une catégorie matérielle absente du rapport est une non-conformité documentable.
En résumé : ce poste est à la fois le plus massif, le plus rattaché à vos responsabilités, et le plus fertile en leviers de conception. Et depuis la CSRD et SBTi, il n'est plus optionnel. C'est par lui qu'il faut commencer.
N'hésitez pas à nous contacter pour découvrir comment nous pouvons vous accompagner dans votre transition écologique.

Fiche pratique- Épisode 3